Chronique d’Essonor: Processus de paix 2013, aucune avancée significative malgré une pléthore de « seigneurs de la paix »

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Processus de paix 2013, aucune avancée significative malgré une pléthore de « seigneurs de la paix »

Malgré un contexte favorable marqué par une disposition et une disponibilité du gouvernement sénégalais et des différentes factions du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance à négocier afin de trouver une issue heureuse au conflit casamançais qui perdure depuis trente et un an bientôt, le processus de Paix n’a connu aucune avancée significative. C’est toujours le statu quo.

2013 se présentait aux yeux de nombreux observateurs comme l’année qui aurait enregistré le plus grand progrès par rapport au processus de paix en Casamance. En effet plusieurs événements  et pas n’importe lesquels laissaient présager une telle possibilité : la main tendue du président Macky Sall à négocier avec le MFDC quel que soit le lieu, la libération des otages militaires par Salif le 09 décembre 2012 suivi de sa déclaration où il a exprimé pour la première fois son désir de négocier avec  le gouvernement du Sénégal qui sera suivi plus tard par celle similaire de César Atoute Badiate le 13 juillet 2013  lors de la libération des démineurs qu’il détenait après la violation de l’accord de Sao Domingo. Cet état d’esprit des deux principaux chefs d’Atika, la branche armée du MFDC, est  partagé par les dirigeants des différentes factions de l’aile politique interne (Abdou Elinkine Diatta et Louis Tendeng) et extérieure ( Mamadou Nkrumah Sané, Ousmane Tamba, Ahmed Apakena Diémé)  du mouvement.

Seulement le constat est décevant, voir amer, car malgré toutes ces déclarations d’intention, malgré les multiples rencontres opérées par les « coursiers » de la paix, aucune avancée significative n’a été enregistrée si bien qu’on ne peut pas dresser un bilan exact sur l’avancement du processus de paix en Casamance.  Autrement dit malgré une armada de « démarcheurs » de la paix, aucun résultat probant n’a été noté.  Est-ce une erreur de démarche de la part du gouvernement sénégalais ? Nous sommes tenté de répondre par la positive en paraphrasant Monsieur René Capain Bassène qui dans une de ses interviews a déploré  en parlant du processus de paix : « la présence sur le terrain de nombreux acteurs, avec différents approches et  différents messages pour une même cible et un même but… on ne sait plus a quel groupe se fier car ils  se livrent une rivalité atroce pour  gagner la confiance des autorités sénégalaises» son constat  nous le croyons demeure toujours plus d’actualité.

Nous en voulons pour preuve les différentes déclarations par presse interposées lors de la libération des otages par Salif Sadio et César Atoute Badiate. Chaque groupe s’est illustré à sa manière au finish lequel a réellement contribué à la libération des détenus. Dans cette forêt de « spécialistes en négociation » certains  groupes  sont plus connus : Celui de l’infatigable Robert Sagna, celui de Boubacar Diouf, St Egidio, le tandem Cardinal Théodore Adrien Sarr et l’imam Fansou Bodian, la plateforme des femmes « opportunistes » de la Casamance et enfin le groupe d’Amsatou Sow Sidibé, sans compter certains individus et ONG.

A coté, on note le positionnement des USA à travers Madame Sue Ford Patrick qui a remplacé depuis le 11 septembre 2013 Monsieur James R. Bullington au poste de conseiller pour la Casamance à l’ambassade de Etats-Unis à Dakar depuis le 11 septembre.

Paradoxalement, aucun leader de ces différents groupes cités ci-dessus n’a émis la moindre déclaration publique pour ne serait-ce condamner la mort le 1er juillet 2013, d’Antoine Robert Sambou dit Koulagné, à pointe Saint-Georges. Tous sont restés indifférents face à cette bavure militaire qui pourtant aurait pu avoir des répercussions très négatives sur la dynamique du processus de paix qui leur est si cher. Pourquoi ce silence radio de leur part ? Mystère. Mais ils étaient tous très actifs et se rivalisaient d’ardeurs lors du processus de libération des soldats puis des démineurs parce que sans doute ce dossier comportait de l’argent.

Dans leurs disparités au niveau de la démarche, nous avons assisté à un autre événement qui aurait pu casser le climat d’accalmie noté en Casamance. En effet dans leur course effrénée de recherche de positionnement, un parmi les groupes de « magiciens de la paix » a réussi a infiltrer le maquis et est parvenu a coup d’argent et de promesses de lendemain meilleurs à démobiliser ou exfiltrer dix huit combattants qui de nos jours sont entrain d’errer dans la forêt de Kabiline créant ainsi un nouveau front ennemi de celui de César, Compass Diatta et Salif Sadio. C’est cela recherché la paix.

Dans ce lot de mauvaises pratiques, on a assisté à des déclarations qui ont été très vite démenties comme celle relative à la reprise du déminage humanitaire alors qu’aucun accord n’a été conclu avec le MFDC. C’était sans doute pour montrer aux autorités que son groupe avait réussi un gros coup celui d’amener le MFDC à autoriser le déminage. C’était également exposer les démineurs qui se seraient fier de leurs déclarations.

il faut préciser que ces groupes au lieu de se compléter et d’évoluer en synergie, se livrent une rude concurrence à travers des stratégies de calomnie dans le but de décrédibiliser leurs « ennemis » aux yeux du MFDC et de l’Etat. chacun voulant se retrouver seul dans ce dossier…Pourquoi ?

D’un autre coté, on évoque la dislocation du MFDC en plusieurs factions et qui pose un sérieux problème pour avoir un interlocuteur fiable. Pour notre part nous ne voyons pas en cela un facteur bloquant. Les hautes autorités doivent prendre une décision politique de s’engager vers des négociations sincères. Elles peuvent et doivent aider le MFDC à se retrouver puisque toutes les factions sont favorables et posent comme préalables la tenue d’assises inter MFDC pour leur permettre d’arrondir les angles avant toute négociation. Il faut mener un travail dans ce sens et leur permettre de tenir une telle rencontre dans la totale liberté et à un lieu qu’ils auront choisi eux-mêmes. Nous croyons que c’est la meilleure alternative. Le MFDC veut et est prêt à se retrouver autour de l’essentiel, il faut les y accompagner si réellement l’Etat veut négocier. Des mini-assises inter MFDC étaient annoncées mais elles sont pilotées par une main externe au MFDC, par un des groupes des « démarcheurs de la paix ». Elles sont sur le point d’échouer car sur la faisabilité il y a plusieurs vices de procédures ce qui fait que les factions les plus importantes ont décidé de ne pas y prendre part. Finalement une manœuvre est entrain d’être menée pour aboutir à une petite rencontre à Sao Domingo entre le groupe de contact et les éléments de César Atoute Badiate. Nous ignorons le nom qui sera donné à cette rencontre, mais nous espérons qu’elles ne s’appelleront pas « mini assises inter-MFDC ». C’est pourquoi nous exhortons l’Etat à s’atteler sur un point précis en aidant le MFDC à se retrouver par le canal d’individus beaucoup plus crédibles que « ce bataillon de politiciens » à qui il a confié la mission de recherche de la paix.

Le MFDC n’accorde pas une grande crédibilité à ces gens-là qui depuis Abdou Diouf pour certains et Abdoulaye Wade pour d’autres s’accrochent toujours au règlement du conflit casamançais sans jamais obtenir un succès concret. Ce sont des fonctionnaires de la paix. Nous proposons à l’Etat de procéder à un renouvellement de génération et de mettre à la place un comité ad hoc composé de personnes qui vont évoluer en toute liberté et indépendance et qui après les assises inter MFDC rencontreront le comité qui sera dégagé par le MFDC pour entamer les négociations sérieuses. C’est l’unique issue qui s’impose de nos jours. Les négociations séparées avec Salif  Sadio et César, ou avec Nkrumah etc. ne porteront aucun fruit probant car ce ne seront pas des décisions unanimes et retenues à la suite d’un consensus par le MFDC. Les « ouvriers de la paix le savent mieux que nous, mais ils persistent dans cette lancée parce que c’est ce qui les fait exister au niveau financier et notoriété.»

Nous  resterons très attentifs au discours de nouvel an du président de la République pour écouter ce qu’il tiendra comme discours concernant le processus de paix. Nous le prévenons que si dans leur rapports les « experts en recherche de la paix » ont mentionné qu’ils ont obtenu des avancés c’est le mettre en erreur. Nous réitérons que le Processus de paix en Casamance n’a connu aucune avancée concrète en 2013. Ils ne sont pas tributaires de l’accalmie qui règne en Casamance. Celle-ci dénote de la volonté du MFDC à négocier. Et il faut prendre les mesures nécessaires pour faire bouger ce processus de paix qui « est au point mort » pour reprendre encore fois René Capain Bassène qui demeure à notre avis le meilleur parmi les observateurs actuels du conflit casamançais. C’est un véhicule allumé mais qui tarde a démarré. Nous craignons fort qu’il ne tombe en panne sèche…Vous comprenez sans doute ce que ce que nous voulons dire.

ESSINOR

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