Casamance: le climat social dans l’hôpital de « la Paix » de Ziguinchor se détériore dangereusement

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le climat social dans l’hôpital de « la Paix » de Ziguinchor se détériore dangereusement

L’hôpital qui porte le nom le plus précieux pour les populations de la Casamance est dans une zone trouble. Le climat social dans la structure sanitaire est entrain de se détériorer dangereusement. Jamais cet hôpital n’a connu des perturbations du fait de grèves des travailleurs qui ne savent plus à quel saint se vouer.

Ces travailleurs en grève depuis plus d’une dizaine de jours déplorent la gestion ‘’calamiteuse’’ du directeur général de la structure sanitaire. Après avoir vainement porté des brassards rouges toute la semaine dernière, les travailleurs de l’Hôpital de la Paix de Ziguinchor ont changé depuis lundi, de fusil d’épaule en décrétant un mot d’ordre de grève de 24 heures renouvelables autant de fois que nécessaire.

Au fait, de quoi souffre l’Hôpital de la Paix ? Une liste de « six (6) pathologies » est dressée par les travailleurs. Il s’agit, pour eux, de celles que voici :

Le non-versement des charges sociales

Les travailleurs de l’Hôpital de la Paix estiment que depuis novembre 2016, aucun rond n’a été versé pour leur compte, ni à l’Institut de Prévoyance Retraite du Sénégal (IPRES) ni à la Caisse de sécurité sociale. C’est la raison pour laquelle ils exigent que les versements se fassent sans délai.

Les ruptures de médicaments et de réactifs

Les travailleurs de l’Hôpital de la Paix de Ziguinchor déclarent avoir constaté des ruptures de médicaments pour la pharmacie IB qui, du coup, fonctionne au ralenti, mais aussi de réactifs pour le laboratoire. Résultats ? Un mauvais fonctionnement des services. Par exemple, sur vingt-cinq examens déclarés, seuls cinq sont disponibles. Du côté de la pharmacie, le maque de transfuseurs, de seringues, de compresses, de perfuseurs, de kits cartésienne saute à l’œil.

Le défaut d’assainissement adéquat

Si l’on en croit les travailleurs de l’Hôpital de la Paix de Ziguinchor, les arrêts récurrents du travail du principal service de nettoiement mettent cette structure dans une insalubrité favorisant les infections nosocomiales et exposant le personnel, les malades voire les accompagnants. Ce qui fait que les tas de déchets et le non-désherbage de l’environnement interne mettent l’hôpital, selon eux, « dans une situation d’insécurité totale ».

L’étanchéité défectueuse à certains endroits

Pour les travailleurs de l’hôpital de la paix, leur structure est constamment inondée du fait d’une mauvaise étanchéité des bâtiments. Pis, ils estiment qu’il y a eu récemment « des semblants de réparation ». Ces réparations ont été constatées pendant le mois d’Août 2017. Les travailleurs parlent même de « ruissellement des eaux de pluie dans les services ».

La voirie interne et l’éclairage insuffisants

Les grévistes considèrent que l’hôpital de la paix est « mal éclairé ». La conséquence qu’ils en retiennent, c’est notamment « un problème d’insécurité ». A cela s’ajoute une voirie inachevée source de désagréments pour les automobilistes et les personnes.

Le non-paiement des différentes indemnités dues

La sixième et dernière « pathologie » qui a occasionné l’arrêt de travail pour 24 heures renouvelables, par les travailleurs de l’Hôpital de la Paix, c’est selon eux, « le non-paiement de plusieurs indemnités ». C’est le cas de la motivation interne des mois de Juillet et Août 2017, des indemnités de transport des mêmes mois, des heures supplémentaires, des indemnités de fonctionnement des mois de Juin, Juillet et Août 2017, de cinq mois d’arriérés d’appui au logement, de sept mois d’astreintes et des ordres de missions impayés.

Fadel Sarr, le directeur de l’établissement de santé a évidemment réagi à tous ces griefs avant d’entrer en conclave avec les travailleurs vers les coups de 15 heures 30 minutes. A ce propos, le directeur de cette structure a tenu à apporter beaucoup de clarifications.

A l’en croire, sur le port de brassards rouges pendant toute la semaine écoulée, « c’est vrai qu’ils ont organisé des sit-in, mais je les ai conviés à la table des négociations la semaine dernière, ils ont boudé la rencontre en exigeant qu’on discute plutôt de leur plateforme revendicative alors que l’objectif visé était de leur présenter la situation de l’hôpital pour les mettre devant la réalité des faits ».

Le directeur du dit hôpital a expliqué que « ce sont des situations qui peuvent arriver ; situation consistant à vouloir mobiliser des ressources à un temps « t », si cela n’est pas fait comme prévu, d’autres charges s’y ajoutent ».

Sarr a déclaré avoir « pourtant prévenu les travailleurs depuis un mois, qu’une telle situation pouvait survenir ». Il a ajouté avoir informé les travailleurs qu’il priorisait « les salaires avant la Tabaski ». Or, a – t- il indiqué, « c’est ce que j’avais fait ».

Concernant les primes, Fadel Sarr a déclaré : « ce sont des situations qui arrivent mais à chaque fois on parvient à combler le gap quelques fois même avec un retard dans le mois ; en tous les cas on paie et s’il y a des arriérés on les paie. On est dans les mêmes dispositions ».

Parlant de la voirie, le directeur de l’hôpital de la paix a déclaré : « la voirie, c’est un chantier de l’Etat qui l’exécute sur plusieurs phases : il a achevé les bâtiments en nous permettant de démarrer les activités de l’hôpital ; la voirie et l’éclairage doivent faire l’objet d’un autre marché qui est conduit au niveau de la tutelle ».

Sur les ruptures de médicaments et de réactifs, Fadel Sarr sursaute de surprise avant de répondre : « mais pour cela nous avons fait un approvisionnement en médicaments pas plus tard que vendredi, d’ailleurs voici la facture qu’on a reçue de la PRA (Pharmacie Régionale d’Approvisionnement, Ndlr) et qui a été intégralement payée ! »

Sur le cas de l’étanchéité, M. Sarr a répondu en ces termes : « l’hôpital n’est pas encore réceptionné, n’empêche nous avons fait appel à l’entreprise qui avait en charge les travaux et qui a envoyé une équipe ici ».

Depuis lundi dernier, les patients sont obligés d’aller voir ailleurs, une situation dramatique qui risque de provoquer des choses regrettables si rien est fait.

Abouke Sagna

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