Casamance: Les familles des victimes des crimes d’Abdou Diouf toujours en colère

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Les familles des victimes des crimes d’Abdou Diouf toujours en colère

» Avec ce manque de justice, j’ai le sentiment qu’ils ont tué mon père une seconde fois« , lâche François Mendy du village de Brofaye. Comme d’autres proches de victimes du gouvernement sénégalais d’Abdou Diouf, il laissait éclater sa colère après notre visite d’enquête dans son village en partie en ruine.

Au village de Koussy, près de Sédhiou, Babacar Camara s’impatiente à nous parler : « Mes deux oncles ne sont pas de retour depuis leur arrestation par l’armée en 1994. Je ne sais pas si je dois faire leur deuil ou pas. Pour le moment je m’occupe de leur famille. C’est un lourd fardeau. «

« Ma mère souffre, elle regarde la chambre de mon père et se met à pleurer, alors que l’ex- président Diouf et ses ministres comme Robert Sagna sont avec leurs enfants qui peuvent les serrer dans leurs bras et les embrasser« , dit Souleymane Sonko de Bignona, la photo de son père serrée contre son coeur lors d’un notre passage pour une interview.

« Abdou Diouf et ses acolytes peuvent poursuivre leurs projets personnels et continuer à être avec leur famille mais nous, nos familles, à cause d’une décision criminelle qu’ils ont prise, nous ne les avons plus. C’est une injustice permanente« , estime Fabienne Djihounouk d’Oussouye.

A Kolda, Youssouf Bah s’interroge: « La plaie que je ressens est toujours ouverte. Comment peut-on détruire des dizaines de milliers de familles pendant plus dix années de pouvoir et être libre ? «

Toutes les personnes que nous avions rencontrées dans nos recherches à travers la Casamance, étudient les démarches à entreprendre pour déposer une plainte contre Abdou Diouf et son gouvernement pour les crimes en Casamance considérés pour crimes contre l’humanité.

Des escadrons de la mort formé de militaires et de gendarmes avaient fait irruption dans plusieurs villages mais aussi à Ziguinchor comme ce fut le cas de Sarani Manga Badiane, tuant toutes les personnes accusées d’avoir collaboré avec le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance qui depuis sa création en mars 1947 réclame l’indépendance de la Casamance.

« La justice sénégalaise préfère regarder le Tchad d’ Hissène Habré que de balayer devant sa porte » a commenté la collaboratrice étrangère d’une ONG européenne.

Plusieurs Casamançais sont déjà en phase avec les victimes pour rassembler les preuves afin de poursuivre les criminels en justice devant les cours internationales.

Samsidine Badji (SAM)

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