Casamance: Les vraies raisons de la guerre de Macky/ARP/BBY en Casamance par Diagne Fodé Roland

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Les vraies raisons de la guerre de Macky/ARP/BBY en Casamance par Diagne Fodé Roland

Malgré les dénégations publiques par des Communiqués dégageant la responsabilité du Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance (MFDC) et de ses branches armées pour les meurtres des coupeurs de bois de Boffa, le pouvoir libéral de Macky/APR/BBY vient de se lancer dans une guerre ouverte et des arrestations dont celles du journaliste René Capain Bassène et de leur chargé de mission Oumar Ampoye Bodian.

Pourtant Macky Sall avait déclaré la « paix définitive en Casamance » dans son allocution du 31 décembre dernier alors que dès le milieu du mois de décembre 2017 des sources indiquaient un « accroissement anormal des forces militaires » en Casamance.

Les tueries de Boffa apparaissent ainsi de plus en plus comme un prétexte aussitôt suivi d’une campagne médiatique sur le mode « du voleur qui crie au voleur » appelant à la guerre. Des « journalistes » et autres plumitifs manifestement stipendiés ont ainsi préparés les esprits à l’option guerrière alors même que l’on parlait « d’enquêtes en cours ».

Parer à la situation sociale explosive…

Tous les corps de métiers sont en grève ou manifestent au Sénégal pour exiger la satisfaction de leurs légitimes revendications pendant que les oreilles du peuple sont bassinées d’annonces fortement médiatisées sur les prétendus satisfécits pour les plus de « 6% de croissance économique » des institutions financières des impérialistes que sont le FMI, la Banque Mondiale et l’OMC qui détournent du coup les esprits de la menace que sont les APE .

Des enseignants aux infirmières qui réclament des arriérés de salaires impayés, des fonctionnaires et salariés du privés qui revendiquent des hausses de salaires pour compenser les pertes cumulées de pouvoir d’achat, des agricultures, travailleurs de l’informel et ménagères qui croulent sous le poids insupportables des hausses des prix, des étudiants qui ne touchent pas leurs bourses, de la jeunesse qui ne trouvent pas de boulots et prend le risque de se noyer dans les eaux de la Méditerranée après avoir subi l’esclavage en Libye et pour ceux qui arrivent dans les pays de l’Union Européenne de devenir sans papiers, de l’école et de la santé qui « foutent le camp« , tous le pays expriment sa détresse d’une mal vie que l’espérance de la redistribution de la croissance ne parvient plus à brouiller. La faim s’installe dans le pays et menace de plus en plus tout le monde.

… Préparer son putsch électoral présidentiel de 2019…

Or le président Macky n’a d’autre obsession que son « second mandat » pour lequel il menace ouvertement ses partisans de BBY en leur disant « si je tombe, vous tombez avec moi » tout en ingurgitant à l’opinion démocratique l’amer potion magique du vol électoral qu’il prépare : « Il me faut 60% dès le premier tour en 2019« .

Sur le chemin du déjà vu de la réédition du coup d’état électoral qu’il avait organisé en 2007 pour son mentor libéral d’alors, A. Wade, qui s’était alors proclamé vainqueur au premier tour en mettant KO l’opposition social-libérale PS/AFP, Macky instrumentalise ainsi la justice pour éliminer son principal adversaire Khalifa Sall pour laisser libre cours aux annonces de candidatures multiples de diversion de prétendants libéraux et sociaux libéraux.

Amuser la galerie par le prétendu « dialogue » lancé à la figure de l’opposition après lui avoir fait subir le vol planifié des législatives et avant du référendum du waxeet pour faire 7 ans plus cinq, voire 2 fois cinq ans au vu de la limitation du mandat qu’il envisage à la présidence du pays. Ce qui ferait 17 ans au total.

… Et faire la guerre en Casamance

La descente aux enfers de la popularité dont avait relativement bénéficié Macky Sall consécutive au rejet massif de A. Wade et de sa gouvernance libérale gabegique et du discrédit frappant les sociaux libéraux du PS et de l’AFP en 2012 est la clef pour comprendre la nécessité de trouver les moyens de détourner la colère montante du peuple contre un bouc-émissaire commode: les rebelles Casamançais.

C‘est l’occasion qui fait le larron dit l’adage. Celle-ci a été offerte par l’épisode Gambien qui s’est traduit par une reconnaissance dans un premier temps de sa défaite du « dictateur » Jammeh qui acceptait d’aller passer des jours paisibles dans son village de Kanilaye. Mais l’idiot utile, son concurrent Barrow, a lui même mit le feu aux poudres en déclarant le livrer, tout comme L. Gbagbo, à la tristement célèbre « cour pénale internationale » qui vient de s’illustrer comme lieu privilégier de crime-suicide en direct aux yeux du monde entier.

L‘intervention militaire de la CEDEAO pour contraindre Jammeh à partir a été manifestement saisie par Macky/APR/BBY pour fomenter la préparation de l’actuelle guerre en Casamance. Faire d’une pierre deux coups pour empêcher le processus de réunification en cours du MFDC et de sa branche armée ATTIKA. Tel est le vrai plan concocté derrière les déclarations intempestives et prétentieuses du président annonçant au peuple « la fin de la guerre en Casamance » et tout de suite démenties par les tueries de Boffa ainsi utilisées pour assouvir ses desseins planifiés auparavant.

Tous les pouvoirs qui se sont succédé depuis le déclenchement du mouvement de rebellion en Casamance ont joué avec le feu en lieu de la recherche d’une solution démocratique, juste, panafricaine et internationaliste au problème de « l’irrédentisme Casamançais ».

Des milliards ont été déversé de façon inversement proportionnel aux milliards tirés de l’état de guerre permanent en Casamance. Des études montrent que les « politiciens » et autres « spécialistes ou experts » empochent beaucoup d’argent de cette situation de « ni paix, ni guerre » avec son lot de corruption pour diviser le MFDC et sa branche armée ATTIKA. Des négociations multiples avec toutes sortes d’entremetteurs qui jouent aux marieuses mais sans jamais arriver à un véritable mariage librement consenti entre la Casamance et notre Sénégal.

36 ans de guerres pour maintenir une unité décidée par le colonisateur Français et ses valets néocoloniaux qui ont fait dire à Mamadou Dia qu’un « statut spécial pour la Casamance » (And Sopi) aurait pu amorcer un début de solution à la question de l’unité nationale. La condition pour y arriver est que la recherche de la paix indispensable s’inscrive dans une perspective « d’union libre des peuples libres » fondée sur le droit à l’autodétermination comme le suggéraient les précurseurs communistes que sont Lamine Arfan Senghor et Tiémokho Garang Kouyaté. Telle est l’équation à résoudre par les pan africanistes internationalistes de la Casamance et du Sénégal, équation pan africaniste démocratique dans laquelle nous devons inscrire la relation avec les peuples de Gambie, de Guinée Bissau, de Guinée Conakry et du Mali, etc.

Macky échouera dans sa fuite en avant guerrière, tout comme tous ses prédécesseurs (A. Diouf, A. Wade), tout comme L.S. Senghor et le colonisateur Français ont échoué à étouffer historiquement le « particularisme Casamançais » par ce qui ne peut être qualifié autrement que l’assassinat de Victor Diatta à Dakar, le véritable fondateur du MFDC le 5 mars 1947 à Sédhiou après le congrès de 1946 du RDA.

Nous autres Sénégalais, qui voulons véritablement l’union libre des peuples libres d’Afrique, devons absolument prendre toute la mesure de ce conflit qui perdure pour élaborer des propositions d’union vraie porteuse d’avenir qui peuvent passer par un référendum co-organisé entre l’Etat du Sénégal indépendant en accord avec le MFDC pour que vive la paix et l’union libre des peuples libres d’Afrique.

Diagne Fodé Roland

Janvier 2018

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