Casamance: Pont de Niambalang « une bombe sociale », titrait ScoopdeZig en 2013

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Pont de Niambalang « une bombe sociale », titrait ScoopdeZig en 2013

Cet article publié par les collègues de ScoopdeZig le 14 octobre 2013 a retenu notre attention dans la compréhension des événements à Niambalang.

Rien ne va plus entre les populations de Kaléane, localité située à la lisière du département d’Oussouye (Ouest), précisément dans la communauté rurale de Nyassia, département de Ziguinchor et les pêcheurs établis au pont de Niambalang vivant sur ce site, pour certains, depuis plus de trente ans. En cause, un chapelet de griefs que les premiers imputent aux seconds. Ils les prient tout bonnement de déguerpir, malgré la brillante médiation du comité local de la Dynamique de Paix en Casamance (DPC).

Des analystes de la crise trentenaire en Casamance sont formels à ce sujet : l’éclatement de ce conflit a été rendu possible par des frustrations accumulées par certaines populations, découlant de litiges fonciers mal vidés. L’occupation spontanée et anarchique de terres jamais rendues ni à leurs propriétaires ni aux héritiers, y aurait également joué le rôle de détonateur.

Eh bien, c’est justement de cela qu’il s’agit, à quelques nuances près, au pont de Niambalang, entre les populations de Kaléane, village abritant cette infrastructure stratégique, et les pêcheurs ayant élu domicile à seulement un pas de là. Lesquels s’adonneraient, selon les griefs de Kaléanois, à une pêche « non règlementaire » éliminant du coup toute possibilité de renouvellement de la faune fluviale sur bien des kilomètres. Conséquences, la raréfaction des fruits de mer dans le bras de fleuve.

Mis au parfum de ce conflit d’où est née la volonté des populations, notamment jeunes et femmes, de ‘’chasser les pêcheurs du pont’’, à qui elles demandent, pis encore, de ‘’quitter illico presto’’, les responsables locaux de la DPC, sous la houlette de Gilbert Bassène, ont travaillé à rapprocher d’abord les eux parties en s’entretenant séparément avec chacune d’elle.

Puis, Gilbert Bassène et les siens ont réussi à réunir samedi passé, durant toute la journée, les deux parties sous l’arbre à palabre du domicile du chef de village de Kaléane. Là, la mobilisation était totale. Les populations et les pêcheurs sont massivement sortis. Mieux, ils sont tous restés sur place jusqu’à la fin des travaux, vers 18 heures.

Ceci a constitué, selon Henri Ndecky, coordonateur de la DPC, le plus grand succès de leur organisation, tant les deux parties se regardaient en chiens de faïence. Un des participants l’avait même reconnu : n’eut été la DPC, il n’aurait jamais mis les pieds chez le chef de village pour traiter du conflit qui les oppose aux habitants du village.

Cela rend compte de la bonne presse dont jouit la DPC auprès des populations.

Il faut dire que les travaux en question ne se sont pas déroulés comme sur des roulettes. En effet, non seulement les populations sont restées intransigeantes voire imperturbables sur leur volonté de faire partir les pêcheurs, mais aussi elles ont ajouté d’autres griefs qui font qu’elles n’aimaient plus héberger les pêcheurs.

Il s’agit entre autres du ‘’non respect’’ de leur chef de village par les pêcheurs, la persistance de ceux-ci dans l’utilisation des filets aux mailles non règlementaires, des problèmes qu’ils avaient avec les populations de Youtou et environs faisant que ces dernières en voulaient à leurs homologues de Kaléane tutrices de premiers. Et puis, le fait que ces pêcheurs ‘’n’avisent jamais le chef du village’’ de l’arrivée d’un des leurs sur le site du pont de Niambalang, n’a pas plu aux populations. Etc.

Il faut dire que le sous-préfet de Nyassia avait, dans le premier trimestre de 2013, convoqué les parties en vue de les réconcilier ; mais sans succès. Par une approche plutôt participative et constructive, Gilbert Bassène et les siens étaient eux, à deux pas de résoudre le conflit. Mais la volonté de confrontation, affichée par certains intervenants des deux camps, a eu raison d’eux et, par ricochet, des plus modérés de part et d’autre.

Ce qui fait qu’on risque de s’acheminer vers une confrontation voire des affrontements rangés entre les parties. C’est vrai que l’autorité administrative, représentée par l’agent de la pêche et le sous-préfet de Nyassia, est au parfum de la situation et travaille même à ‘’éteindre le feu’’, mais la réalité du terrain vécue par scoopsdeziguinchor.com, fait dire que le conflit s’annonce dur à résoudre.

La preuve, certains orateurs des deux camps ont dit clairement lors de la rencontre tripartite qu’ils ne répondraient plus à l’appel de la DPC. D’autres ont même traité cette Ong de noms inadéquats avant de prévenir ses responsables de ne plus convoquer une rencontre similaire à Kaléane.

Toutes choses qui ont obligé Henri Ndecky à tirer sur la sonnette d’alarme notamment à l’attention de toutes les autorités régionales et des membres de la société civile pour leur implication pleine et entière dans la recherche d’une solution amiable et durable entre les populations de Kaléane et les pêcheurs du pont de Niambalang.

Le conflit est d’autant plus sérieux que, selon le chef de village de Kaléane, ce sont au moins cinq villages desservis par le bras de fleuve surplombé par le pont de Niambalang, qui sont directement concernés et dérangés par la présence des pêcheurs sur ce site.

Il y a trois semaines, les habitants d’un des villages avaient arraisonné plusieurs pirogues et arrachés une quinzaine de filets des pêcheurs suite à une action punitive les visant directement. Ce sont les autorités de la pêche à Oussouye, qui ont raisonné les populations et les ont amenés à rendre les équipements de travail des pêcheurs.

Nous vous proposons de suivre Gilbert Bassène et Henri Ndecky interrogés par scoopsdeziguinchor.com au sortir de la réunion fleuve tenue chez le chef de village de Kaléane.

Source ScoopdeZig
Auteur: Mohamed FAMA
Date de publication: 2013-10-14

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