Casamance: Conflit de générations dans le MFDC

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Conflit de générations dans le MFDC

A l’intérieur du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC), la sérénité n’est plus de mise entre la vieille génération qui entend garder toujours les manettes, et la jeune garde qui estime à tort ou à raison que l’heure est venue pour les « has been » de prendre leur retraite politique, afin qu’elle apporte un souffle nouveau à la vie politique en Casamance pour une nouvelle impulsion de la lutte pour l’indépendance.

Les rencontres politiques initiées par les trois secrétaires généraux autoproclamés du MFDC, Mamadou Nkrumah Sané, Salif Sadio et Abdou Elinkine Diatta, ne mobilisent plus les jeunes militants et ne sont pas soutenus par les cadres avisés à l’intérieur et à l’extérieur de la Casamance. La surchauffe ces derniers mois doit être considérée comme l’aboutissement d’une guerre de tranchées de générations qui ont chacun son fief à l’intérieur du pays.

On sait, en effet, que l’entente cordiale entre les patriotes du MFDC, n’est plus d’actualité depuis la mort de l’abbé Augustin Diamacoune Senghor et beaucoup de pseudo responsables, à mots couverts, ont eu le sacrilège de remettre en cause le principe de l’alternance au sommet du mouvement rebelle. L’égoïsme des uns et des autres, qui ne pensent même pas à la fin d’un mandat qui ne leurs est nullement octroyé par une assemblée constituante, n’a pas permis le renouvellement de l’instance dirigeante.

On en saura davantage dans les jours à venir, mais une chose est sûre, c’est que le contexte politique actuellement en ébullition dans cette Casamance, fait craindre une résurgence des violences politiques à la veille des élections présidentielles sénégalaises.

Nul doute que la manifestation du conflit générationnel qui mine le mouvement créé en 1947 et le risque de grands combats fratricides prennent de l’ampleur au fur et à mesure qu’on va vers ces échéances électorales, essentiellement pour s’adjuger le contrôle d’un MFDC de plus en plus populaire au niveau national et international.

Espérons, pour la Casamance, que la guerre des clans qui fait actuellement rage est simplement un signe de vitalité démocratique et non un mauvais présage pour les Casamançais qui ont tant souffert, ces dernières années, de l’inconséquence et de l’irresponsabilité de leurs leaders politiques.

Une personne de poigne et d’expérience, respectée des jeunes, des vieux, du maquis, de la société civile, de la diaspora et fidèle à ligne de l’Abbé Diamacoune doit taper du poing sur la table pour enfin ramener l’ordre dans les rangs.

Pierre Coly

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